La vie c'est pas du gâteau
« Je ne sais quelle forme prendra la fin de l’impossible, mais je vous assure que dans notre état actuel avec ordre des choses, ça manque de caresses.
Les savants soviétiques croient d’ailleurs que l’humanité existe et qu’elle nous envoie des messages radios à travers le cosmos. »
Romain Gary, toujours.
C’est étrange ce langage. Ça martèle des sortes de vérités indicibles et troublantes. A la fois ça me fait rire et ça m’ôte l’élan de la bonne humeur. Je trouve ça fort. Des portes s’ouvrent dans le désir d’exister et de faire exister chaque morceau de l’humain. C’est l’évocation des caresses et du cosmos, ça entraîne un peu plus loin que son petit appartement. Ça entraîne le long du fleuve Amour en Russie, avec les savants soviétiques et toute l’humanité.
Et puis la syntaxe fait tomber dans la pensée les mots d’une drôle de manière. Je n’adore pas mais je suis très interpellée. Boris Vian me faisait un peu le même effet. Un dérangement excitant, une envie folle de s’ouvrir comme un paquet cadeau alors que le texte récite un déroulement ennuyeux d’une vie sans relief ou subie comme tel.
Il y a de drôles de zèbres dans la littérature.
Je ne comprends pas pourquoi la vie n’est pas plus excitante… Vraiment ça déborde peu. Chacun chez soi, dans sa famille, dans son train et dans son boulot. Le reste ne compte pas. Oui si peu.
« J’étais plein de moi-même avec bouchon », comme il dit, l’autre.