Machines à voter
Machines à voter : l'erreur est humaine !
Files d'attentes, incompréhension des électeurs, suspicion sur la fiabilité des résultats : quatre municipalités (Saint-Malo, Amiens, Perreux-sur-Marne, Ifs ) ont décidé de suspendre l'utilisation d'ordinateurs de votes depuis une semaine.
Mais de nombreux autres dysfonctionnements ont été constatés. Ainsi dans l'Héraut, la Commission de recensement des votes relate des écarts significatifs entre le nombre de suffrages recensés et le nombre d'électeurs qui se sont présentés devant l'urne électronique.
Pour exemple, 26 électeurs ont validé leurs votes électroniques sans signer la liste d'émargement dans des bureaux de vote de Palavas-les-flots. Non loin de là, dans quatre bureaux de Juvignac, les machines Nedap n'ont rien retenu du passage d'une dizaine de votants qui se sont présentés...
Assesseurs distraits
Même problème à Reims : sur 81 bureaux équipés de machines Indra, la municipalité annonce des incidents dans une quarantaine de bureaux de votes. Dans la plupart des cas, les écarts constatés sont inférieurs à 15 voix par bureaux. Mais ils atteignent 48 suffrages dans un bureau de vote « particulièrement fréquenté par des personnes âgées » indique le service élection de la mairie. Autant d'électeurs qui croyaient leurs votes pris en compte par la machine et qui sont allés signer la feuille d'émargement.
Pour la municipalité, « il s'agit d'une erreur humaine qui ne concerne qu'un seul bureau où le président n'a pas suivi les instructions. Normalement, les assesseurs devaient demander à l'electeur un ticket qui prouve que son vote a bien été enregistré avant de le laisser signer».
Mais pour la quarantaine d'autres bureaux de votes où ces problèmes ont été constatés, les écarts sont jugés « habituels » par la municipalité: « En général, l'assesseur dit bonjour à quelqu'un qu'il connaît et oublie de faire émarger les électeurs. Cela arrive chaque année et cela peut très bien se passer avec le vote papier » note l'un des responsables municipaux. La mairie de Reims, qui maintient son système de vote élétronique pour le second tour, envisage de mettre l'accent sur la formation. Mais ne précise pas s'il sera interdit de saluer le président et les assesseurs, le 6 mai prochain.
Mardi 24 Avril 2007
Octave Bonnaud, Marianne