Arbres

Du cœur aux plaies, de la basse racine aux troncs verruqueux, je suis trouée d’un élan ininterrompu, vers vous, cambrures torturées de signes, cantine vertigineuse, charades. Je tends mon oreille, l’œil emmailloté de vert et de bleu, pour aspirer un peu de votre sève. Ardent débat, d’amour silencieux et d’attente, d’incompréhension vague ; tristesses ouvertes au pied de vos bras, j’arpente jusqu’au ciel vos lignes chargées de poussière, de terre et de vers. Tendres, les égarements de mon corps, mêlé à l’inconnu de votre puissance, charge motrice, électrique ; dans l’autre monde je vous vois, bruire et fatigués de l’enfantillage, harassés de grandeur et d’âme. Arbres, tableaux vivants, je vous reçois dans mon sang et partage un instant votre force. Je vous vois, je vous ressens.