


La route est noire. J’entends sa course. Je respecte sa déformation et je m’engage, vivante. Je parcours les os broyés, le choc des angles soumis à la forme. Je me donne à la force du voyage, au caractère de la source. J’adopte, l’ironie j’adopte, la joie je professe, le serment d’être en terre avec la terre, et toujours reconnaissable, fidèle au corps et au mouvement. Je navigue au rythme, dans le son de l’image. Riche d’une cohérence profonde, et d’un bien, partageable sous condition, multiplié dans le désir. Je marche à la rencontre de moi-même, je me taille un reflet à la mesure de mes différences, à vif dans le gras superflu du verbe.
L’accident de la route ne se révèle pas, il fait corps avec le montant même de sa matière. Noir est le heurt, d’attente en attente et brimé par le devoir de rebondir. La voie de l’échec louvoie, s’isole des courses et des parcours. Nous n’avons guère le choix, prendre la route, noire et cassante, dure et sèche. Et nous avons le choix… Par notre marche de l’ameublir et d’y bâtir les nobles paysages, dragues de songes et de désirs. La paix sur l’âge, dans le lointain de la quête. A l’autre bout du voyage, aux sources d’un temps sans limites.
La route est noire. Empruntons-la.
« Reporters sans frontières publie aujourd’hui son cinquième classement mondial de la liberté de la presse. Alors que les Etats les plus répressifs restent les mêmes, des pays en développement se glissent en tête du classement, devançant souvent les démocraties occidentales.
(…)"Chaque année, de nouveaux pays de l’hémisphère Sud gagnent des places et se positionnent devant des Etats européens ou les Etats-Unis. C’est une bonne nouvelle qui prouve, une fois de plus, que même très pauvres, des pays peuvent se montrer particulièrement respectueux de la liberté d’expression. En revanche, la lente mais constante dégradation de la situation aux Etats-Unis, en France et au Japon nous inquiète au plus haut point", a ajouté l’organisation.
(…)La France (35e) perd cinq places depuis l’année dernière et vingt-quatre places en cinq ans. La multiplication des perquisitions au sein de médias et des mises en examen de journalistes est un réel sujet de préoccupation pour les organisations professionnelles et les syndicats. Par ailleurs, l’automne 2005 a été particulièrement difficile pour les journalistes français. Plusieurs d’entre eux ont été agressés ou menacés lors du conflit syndical né de la privatisation de la SNCM, en Corse, et pendant les violentes manifestations dans les banlieues françaises, en novembre.
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