On parlera poésie ? Oh, on en écrira, oui.

 

On fera de la littérature ? Oh, on la côtoiera, oui. De loin, comme ça, pour rire.

 

On se perdra ? Oh oui, toujours.

 

 

 

 
Dimanche 5 août 2007

 

J’ai la nostalgie de ce temps, patates exquises entre deux robes. Non. La nostalgie de ce temps, parcelles creuses, lumières éparses. La nostalgie de toi, fleurs coupées à la tige, baroque triomphant. J’ai le souvenir net, suspendu à la précision des images. Couchants, levers, la lourde tâche d’être mais dans le songe et la création, perpétuels amours, danses légères ; nous ne faisions, nous faisions, heures simples et renouvelées, parties d’or et de boue. J’ai rêvé longtemps à ces jours, j’ai désiré ces silences. Pour aider l’heure à se reproduire, pour que les miracles s’assemblent et forcent la porte des possibles. Ensemble, toujours, comme un seul corps dans une seule âme, au milieu de la vie. Rivages atteints puis laissés, marées hautes et marées basses, cycles connus du débordement et de l’attente, sources vivantes. Je me souviens du monde, pratique évolutive et bercée par le temps, panoplie avantageuse de l’ambition. La nostalgie se déroule, tous ces élans jetés vers demain, dans la conquête des moments inconnus, dévoration de masse, appétits. J’ai le souvenir vague, j’ai le souvenir doux. Mon âme, enfance déportée vers l’âge d’homme. Mon âme baigne au milieu de ses complaisances, plaisirs fabriqués, dressés au calme. Elle avance vers un passé d’images, de mondes en superposition, doubles décharges et silences animés. Mon cœur trouble, jeté plus loin, dans les désirs et les déceptions. Mon cœur conduit mes pas, mon corps au milieu des jours, dans les instants propices, dans les douleurs. Mon cœur absent de cette idiotie militaire, de ce chemin sans faille qui mène à demain. Mon cœur perdu dans les circonvolutions du temps, parti pour le long voyage des errances et des doutes.

 

J’ai la nostalgie vague de ton essence. Je te vois, j’ai la nostalgie vague des lumières, allumées puis éteintes. Appels encore, attentes, interminables attentes. Je porterai mon cœur vers d’autres miroirs, d’autres songes établis. Je n’aime pas boire l’eau du passé. Je m’offense et mon âme s’ouvre, avance, évolue, change. Je vais là où je vais. Je me porte aux rivages sinueux, près des eaux, près des orages. J’attends les magies constructives, océan clair et sombres détonations. Je les veux pour le songe et pour l’accompagnement. Je vais, cœur et âme, vers demain. Corps changeant.

 

 

par Exuvie publié dans : textes
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Mercredi 25 juillet 2007

 

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Dimanche 22 juillet 2007

 

 

par Exuvie publié dans : Flore
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Jeudi 5 juillet 2007

 

« Nous vivons dans un étrange pays, où les vols de scellés, les écoutes sauvages, les filatures, les coups tordus, ces pratiques extraordinaires sont presque devenues notre ordinaire… Qui s’en émeut encore en France ? Dix ans durant, dans les dossiers que j’ai instruits, ne serait-ce que partiellement, la destruction des archives m’est apparue comme un sport national. J’ai connu successivement l’incendie volontaire embrasant les entrepôts du Havre, qui abritaient les archives du Crédit lyonnais ; l’incendie inexpliqué dévastant le siège social de cette même banque ; la destruction tout aussi mystérieuse des archives d’une filiale du Crédit lyonnais à la veille de ma visite ; la disparition-provocation d’une caisse de scellés dans les locaux de la brigade financière ; le cambriolage au siège de la FIBA, la banque franco-gabonaise, au lendemain d’une perquisition, pour nettoyer les tiroirs au cas où j’aurais eu envie de revenir faire un tour… Quand il ne s’agissait pas de broyeuses tournant à plein régime, par sacs entiers, dans les heures qui précédaient notre arrivée.

                                                                                          

J’arrête là cette liste désolante de délits qui font ressembler la République française à une démocratie de façade où les criminels ont l’arrogance de l’impunité. Des réseaux organisés, appuyés sur une logistique sophistiquée, se permettent tout : harceler les magistrats, voler des procès-verbaux, cambrioler n’importe quel domicile ou détruire des pièces compromettantes… Mais le monde tourne à l’envers : les suspects semblent protégés, tandis qu’on se défie des magistrats. »

 

 

 

Est-ce dans ce monde-là que nous voulons vivre ?, Eva JOLY

  

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Mardi 3 juillet 2007

 

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Dimanche 1 juillet 2007

 

Samedi travaillé :

 

 

« Tenir cinq jours d’affilée dans cette ambiance pourrie et avec des cadences de travail démentes relève de l’exploit. En cela, les OS sont des champions. Bien qu’ils maintiennent quotidiennement le niveau, on ne parle pas d’eux à « Sport dimanche ». Encore que, quand ils descendent dans la rue, les médias mettent de côté les faits divers sanglants pour exhiber aux bonnes gens ces méchants grévistes. Et voilà qu’il faudrait, en plus, travailler les samedis ! Non mais ça va pas la tête ! Certes, ça arrondit les fins de mois mais pourquoi pas venir également le dimanche (après le tiercé) et faire seize heures par jour ? Bref, revenir cinquante ans en arrière. Cinquante ans vous dites ? Cent ans, oui. Y a cinquante ans, bordel de Dieu, on avait obtenu les congés payés. 1936, ça vous dit rien ? C’est vrai qu’à l’école on nous apprend 1515 et 1789, mais on abrège sur 1936.

 

A propos du travail le dimanche, d’ailleurs, ça y est. Ça se fait. Des ouvriers, et même des ouvrières, du secteur Retouches viennent bosser le dimanche depuis mai 1988. C’est ça l’amélioration des conditions de travail tant vantée par nos chers patrons ? On leur laisse. Qu’ils se la collent là. Merde contre merde. »

 

 

Extrait de Grain de sable sous le capot, Résistance & contre-culture ouvrière : les chaînes de montage de Peugeot (1972-2003), de Marcel DURAND

 

 

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Dimanche 24 juin 2007

Un Sarkozy au conseil du « Monde »

 

« S'il passe avec succès la dernière étape - être élu par les journalistes -, le tandem directorial du « Monde » Jeantet-Patino devrait retrouver au conseil de surveillance un... Sarkozy. En tant que délégué général depuis septembre dernier du groupe de prévoyance Médéric,Guillaume Sarkozy devrait même déjà y siéger... mais cette apparition avait été différée pour éviter que cela ne jase trop avant la présidentielle. »

Le Nouvel Observateur

 

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Samedi 23 juin 2007

 

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Jeudi 14 juin 2007

 

"J'ai besoin de mouvement. Certains appelleront ça de l'ambition. Le mot ne me fait pas peur. J'ai toujours eu peur du moment où le réel vous assigne votre place : vous êtes la bonne, vous êtes l'épouse, vous êtes une mère, vous êtes une secrétaire, une juge puisque vous êtes une obstinée, mais docile s'il vous plaît. Vous avez l'âge de la retraite. Non, j'ai toujours bousculé cet ordre-là.

J'ai soixante-trois ans. Mais je n'ai jamais été libre.

J'ai quitté la France. Je suis partie parce que je ne voulais laisser à personne les moyens et le temps de se venger. Au nom de la Norvège, dans les grandes institutions ou dans les soupentes des juges de Nairobi ou de new Delhi, je rencontre depuis cinq ans des hommes et des femmes à la hauteur de leurs rêves."

La force nous manque trop souvent pour bousculer l'ordre des choses dans notre vie ou dans les affaires publiques. J'aimerais que ce livre soit pour ses lecteurs ce qu'il a été pour moi : un petit traité d'énergie et d'orgueil féminin. »

 

 

La Force qui nous manque, Eva JOLY

 

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Mercredi 13 juin 2007

 

Le coup de gueule de Royal intervient sur fond de crise du 20 heures.

 

« Claude Sérillon a été viré parce que son journal était tombé à 20 %. Celui de David Pujadas, lui, peine à dépasser les 16 %, et il est toujours là. » Le constat a beau être - sévère, il est à France 2 de plus en plus partagé. Au point que le coup de gueule de Royal arriverait presqu’à point nommé. Car règne en ce moment un climat de défiance à la rédaction de la Deux. Ce que confirment les syndicats et l’enquête menée par la société des journalistes (SDJ).

 

« La plupart des chefs de service sont démissionnaires. Il est de plus en plus difficile de travailler avec Pujadas. Et ne parlons même pas d’Arlette Chabot, la directrice de l’info. Ajoutez à cela des audiences catastrophiques - à l’image des JT - et vous aurez une idée du malaise ici, lâche un journaliste. Certes, l’access prime time ne nous aide pas. Mais le véritable souci, c’est le 20 heures. »

 

Alors que PPDA fait le double des scores de Pujadas, la boutade qui circule à TF1 selon laquelle « à France 2, à force de baisser, ils vont finir par trouver du pétrole », est en passe de devenir une réalité. Quoique, ce que déplorent les journalistes, c’est qu’à France 2, s’il n’y a jamais eu de pétrole, il y a de moins en moins d’idées. « Depuis des années, on a le cul entre deux chaises, déplore un journaliste. On se refuse à choisir entre faire un journal de référence et se contenter de singer la Une. Et encore, eux, au moins, ont fait des sujets sur la Tchétchénie... Résultat : on est à la ramasse. »

 

Et d’asséner : « Ce JT est à l’image de ceux qui sont aux manettes, Pujadas et Chabot. Eux croient dur comme fer que l’international et le social, ça fait fuir les téléspectateurs et que ce qui fait recette, ce sont les faits divers. » Comme le résume un journaliste dans le document de la SDJ baptisé « Urgences » : « On a affaire à une poignée d’alchimistes qui vit en vase clos à la recherche de la pierre philosophale capable de faire grimper l’audience. Mais la réalité montre que les chiffres baissent. »

 

Des « alchimistes » qui, comme le déplorent la CGT et le SNJ dans un courrier adressé à Patrick de Carolis, « depuis plusieurs mois, refusent presque systématiquement de répondre à la majorité des questions éditoriales posées ». Las, le président de France Télévisions n’a toujours pas répondu à cette missive. À sa décharge et à l’instar de la direction de l’information, en comité de groupe le 7 juin, il a gardé le silence sur, pêle-mêle, la pipolisation des soirées électorales, l’absence de débats, la couverture plus qu’élogieuse de l’investiture de Sarkozy ou la mise à l’écart en cette période de campagne de certains journalistes de la rubrique politique. Alors, pourquoi s’étonner quand Arlette Chabot, interrogée sur le coup de gueule de Royal, répond (à l’AFP et pas à l’Humanité malgré nos sollicitations) qu’en l’espèce France 2 avait « le sentiment d’être irréprochable » ?

 

Symbolique. Hier, la CGT de France 2 a sorti un tract au titre éloquent : « Les meilleurs alliés de l’État Sarko : les médias. » Un constat qui rejoint celui des téléspectateurs. Si le nombre de courriers est retombé depuis la présidentielle, le coup de gueule de Royal pourrait les relancer. Leur tonalité est, en tout cas, des plus instructives : 60 % d’entre eux reprochent au service public d’être pro-Sarkozy.

 

Sébastien Homer

 

http://www.humanite.fr/journal/2007-06-13/2007-06-13-852904

 

 

 

par Exuvie publié dans : Politique
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