On parlera poésie ? Oh, on en écrira, oui.
On fera de la littérature ? Oh, on la côtoiera, oui. De loin, comme ça, pour rire.
On se perdra ? Oh oui, toujours.

On parlera poésie ? Oh, on en écrira, oui.
On fera de la littérature ? Oh, on la côtoiera, oui. De loin, comme ça, pour rire.
On se perdra ? Oh oui, toujours.
"Si l'exercice du pouvoir présidentiel tend à s'identifier à une sorte de campagne électorale initerrompue, les critères d'une bonne communication politique obéissent de plus en plus à une rhétorique performative (les discours fabriquent des faits ou des situations) qui n'a plus pour objectif de transmettre des informations ni d'éclairer des décisions, mais d'agir sur les émotions et les états d'âme des électeurs, considérés de plus en plus comme le public d'un spectacle. Et pour cela de proposer non plus un argumentaire et des programmes, mais des personnages et des récits, la mise en scène de la démocratie plutôt que son exercice.
La capacité à structurer une vision politique non pas avec des arguments rationnels, mais en racontant des histoires, est devenue la clé de la conquête du pouvoir et de son exercice dans des sociétés hypermédiatisées, parcourues par des flux continuels de rumeurs, de fausses nouvelles, de manipulations. Ce n'est plus la pertinence qui donne à la parole publique son efficacité, mais la plausibilité, la capacité à emporter l'adhésion, à séduire, à tromper (comme le fameux slogan "Travailler plus pour gagner plus" de Nicolas Sarkozy lors de la campagne présidentielle française de 2007). Le succès d'une candidature ne dépend plus de la cohérence d'un programme économique et de la pertinence des solutions proposées, ni même d'une vision lucide des enjeux géostratégiques ou écologiques, mais de la capacité à mobiliser en sa faveur des grands courants d'audience et d'adhésion... Si l'art du roman constituait une forme d'énonciation paradoxale de la vérité qu'Aragon définissait comme un "mentir vrai", les spin doctors pratiquent le storytelling comme un art de la tromperie absolue, un "mentir faux" si l'on peut dire, une forme nouvelle de désinformation."
Christian SALMON, Storytelling, la machine à fabriquer des histoires et à formater les esprits, p.136-137
Ils y vont :
Allez, je vous donne une super idée de cadeau pour Noël. Je sais que vous cherchez…
Trop sympa la fille.
Il s’agit d’une BD dessinée par un ami à moi dont le tome 1 est sorti il y a six mois environ et dont le tome 2 vient juste de sortir. Tirée du roman de Dickens, Oliver Twist.
C’est facile à trouver, c’est édité chez Delcourt et c’est tous publics.
Alors, vous cherchez encore ?
Mais non, c’est tout trouvé !
Hé hé.
" Un cadre de grande entreprise qui accepte de fermer les yeux sur une opération criminelle peut continuer sa carrière sans encombre. Il concède un petit bout de terrain au réseau et reçoit en échange l'aisance financière et morale, le prestige.
Celui qui s'oppose au système paie un prix incroyablement fort. Il est aussitôt humilié, marginalisé, licencié, placé sur écoutes illégales, menacé de mort. On le fait passer pour un déséquilibré. Sa voiture a un accident. Son appartement est cambriolé. Il sent physiquement une menace. J'ai éprouvé de la colère en entendant les récits de certains témoins. Pour dix secondes d'honnêteté, ils ont vécu dix ans d'enfer. Ils ont payé leur courage au prix fort. Ils n'ont pas voulu se soumettre et ont été rejetés sur le bord du chemin."
Eva JOLY, Notre Affaire à tous
Je vais. De par la phrase, à travers la signification, chercher ailleurs ce que je suis, à quelques pas seulement, si près que je pourrais toucher ce que je cherche. Mais cela reste inaccessible, on ne s’atteint jamais. Je le sais, le respecte, l’honore et l’entends. J’avance avec conscience et mes pierres en main, mes racines, mon cœur. Je me tiens toute entière dans ce que je bâtis, même quand je me tourne le dos. Je suis mon fil dénoué, longeant la phrase, reniant le style, perdue dans la signification. J’avance, de phrase en phrase, pas à pas, posant les pierres une à une, vers la chute, vers l’édification. On ne sait pas bien ce qu’on touche, on ne sait pas ce que l’on atteint. On reste dans le noir, au début de la phrase, avec en mains les outils, la volonté d’y aller. On ne sait pas où l’on tombe, ce que les autres voient. La seule chose que l’on sait c’est que c’est là, monté, et qu’on est arrivé au terme du voyage.