
Je viens de passer mon CAP de marqueterie et il n’est pas dit que ça ne laissera aucune trace ! En voilà une : l’exemplaire que j’ai gardé… Car on découpe tout ça en double, on l’ombre, on le colle et on repart chez soi avec celle qu’on ne sacrifie pas aux examinateurs… quand on a le temps de l’incruster bien sûr.
J’avais le temps, j’aurai le CAP !
par Exuvie
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Je m’offre en vigilance. Je me poste aux postes et je donne du corps, je me trempe. D’abris en pétarades, d’absolus en modérations, j’illustre et j’abrutis, battue trop de fois par moi-même. Je m’étais donnée toute au bordel, lancée par les plaines et les vents, travestie pour échouer, rabattue de force sur le gibier facile, conquis d’un pied. Armes par l’aube, horizon net et dégarni, palettes intimes et peinturlurées. Des possibles étalés et pétris, trapus dans le noir de la nuit et déployés par tout le jour, emportés, lustrés, le bris de cette violence ouvrait des portes insoupçonnées. J’arquais, par tant de foi dissidente. Tant d’isthmes perdus, décorant par l’encre les cartes de voyage… Egarés sous tant d’âme, par de tels ravages. Egarés d’aptitude et de contrôle.
Je brise, je brise l’arbre à pensées, le tambour des résonances. J’anéantis le bruit des élans mesurés. Je reviens, martelant, parjure facile de ma déroute. Je reviens. J’ai le dos travaillé de courbures intenses mais je reviens, droite et fidèle. Les mots-sable, les mots-dragons. Je les porte en couronne et jusqu’à la déraison. D’amour et de haine, de désir batailleur et inquiet. Trames d’éternité qui me font me reluire sans me relire. Pour avancer plus vite, pour ne pas perdre la rame. Avancer, avancer. Ourdir à feu vif, à plumes rabattues. Travailler, tendre, détendre et ramasser. Vivre, vivre et s’écrier d’être. Allumés par le sang, tiraillés du dedans et en travers, par la peau remontés et par la gorge passant. Crachés à terre et noués au dessin de la route. Verve intarissable, qui ne se prêtera pas et qui ne s’arrêtera. Mots d’artifice et de décoration. Fortune et bon cœur, nausée vague et sans recours. Une quête infernale, un jeu sans règles. Un indispensable égarement.
par Exuvie
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- Je ne veux pas mourir.
- Mais vous serez pendu demain.
- Je ne veux pas mourir.
- Mais vous serez pendu demain.
- Je ne vais pas mourir. Cela ne se peut. Je retiens l’heure et demain ne viendra pas. Nous nous endormirons, comme en un conte nous oublierons qui nous sommes et je ne mourrai pas.
- Mais vous serez pendu demain !
- Taisez-vous donc ! Vous gâtez l’illusion nécessaire à ma cause. J’ai besoin de la magie des enchanteurs et des secrets anciens. Il nous faut croire au miracle, pour un soir, je vous en prie, taisez-vous.
- …
- Vous voyez ? Déjà s’annonce l’inimaginable.
par Exuvie
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La magie, inaltérable, des métamorphoses.
La larve, après deux ans passés à barboter, s’extrait de l'eau et mettra quelques heures avant de déplier ses ailes et de s’envoler… pour un été.

par Exuvie
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A pas lents, secondée. Dans l’air du soir et le bleu du matin. Les heures se posent les unes sur les autres, je compte encore les jours. Il y a joie, danger. Il y a ce que l’Ange a promis de la vie, quelque chose de mou et de parfois corsé, vague, divaguant et bizarre. Vivre n’a pas de contour, c’est être sans cesse jeté dans le grand bain sans avoir rien appris, sans maîtriser le sens de l’histoire. C’est être sans le vouloir, tirer le songe à soi et bagarrer dans le silence, à la merci des désirs douteux et des renoncements.
Comment font-ils, tous, pour être ainsi, à la merci d’eux-mêmes et du temps ? Font-ils les comptes de leurs dépendances ? Le mystère trace une route tortueuse et nous suivons, entre deux lueurs brèves, le reliquat de notre passé.
par Exuvie
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Dans les eaux sombres des mares normandes se cache le grand triton à crête… Voyez comme ici Madame se pavane l’air méfiant.
par Exuvie
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Il fut un temps où les silences colorés de Lippi faisaient office, au jour le jour, d’aventures. Le monde ne s’expliquait qu’à travers la transparence des voiles, les replis ombrés des tuniques et des robes. Je marchais en plein cœur des bleus et des rouges, animée par le désir d’Etre aussi puissamment que les figures peintes et le plus drôle c’est que cela se réalisait. J’Etais, parmi l’ambre, plus ouverte à moi-même qu’en dehors de toute toile, posée sur le monde réel. J’existais bien plus fort, je marchais dans le pieux message et mes pas me guidaient vers l’amour simple du temps, balise extrême et démesurée. Nous étions liés par le défi d’affronter l’âge et la mise au monde, le déni, le désert, nous survivions ensemble à la banalité.
Aujourd’hui mes racines sont tombées du tableau, je me meus au sol aussi mal que les couleurs jetées seules sur le mur de la toile. C’est à peine si je parviens à grimper sur les bords du cadre. Je marche de mon côté et les tuniques dépliées s’ouvrent et se ferment dans la lumière, possédées par rien qui ne m’appartienne… C’est ainsi.
Parfois je parviens à m’égarer encore dans un tableau de Rouault. Je le porte dans ma peau, sur mon crâne. Ensemble nous faisons la route du ciel. Mais ces moments sont rares. Et incompréhensibles.
Tout un monde a passé, qui se dresse dans mon dos et me regarde, attend que je me ressaisisse, que je retrouve les essences cachées. Je me retourne rarement. Mais je n’ai pas perdu le souvenir et cela m’accompagne, je le regarde devant, comme une eau bonne à prendre, fraîche et saine pour se désaltérer. Il y a devant un chemin, c’est celui-là que je sens.
par Exuvie
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