On parlera poésie ? Oh, on en écrira, oui.
On fera de la littérature ? Oh, on la côtoiera, oui. De loin, comme ça, pour rire.
On se perdra ? Oh oui, toujours.

On parlera poésie ? Oh, on en écrira, oui.
On fera de la littérature ? Oh, on la côtoiera, oui. De loin, comme ça, pour rire.
On se perdra ? Oh oui, toujours.
« Les vies se transforment en trajectoires. Les oscillations, les hésitations, les choix contrariés, les déterminations familiales, le libre arbitre réduit comme peau de chagrin, les deux pas en avant trois pas en arrière sont tous gommés finalement pour ne laisser apparaître que le tracé d’une comète. C’est ainsi qu’Itxaga devint peu à peu ce qu’il est encore et que, de loin, on ne pouvait lui imaginer une autre vie que la sienne. »
Véronique Ovaldé, Ce que je sais de Véra Candida
"Un poète, c'est joli quand un siècle a passé, que c'est mort dans la terre et vivant dans les textes. Mais quand c'est chez vous, un enfant épris d'absolu,
bouclé dans sa chambre avec ses livres, comme un jeune fauve dans sa tanière enfumée par Dieu, comment l'élever ? Les enfants savent tout du ciel jusqu'au jour où ils commencent à apprendre des
choses. Les poètes sont des enfants ininterrompus, des regardeurs de ciel, impossibles à élever."
Christian Bobin, la Dame blanche
"Nous délaissent sans prévenir les plus beaux de nos jours, et les larmes viennent après, dans les après-midi rejouées de solitude et de remords, quand nous avons atteint l'âge du regret et celui des retours. Les visages et les gestes que nous traquons dans l'ombre des puits de nos mémoires, les rires, les bouquets, les caresses, les silences boudeurs, les taloches aimantes, l'amour et le don de ceux qui nous mènent au seuil de la vie creusent notre souffrance autant qu'ils nous apaisent.
Nous vivons parmi de grands pans de lumière hâchés de noirs fracas. Il faut nous en convaincre."
Philippe Claudel, Le Café de l'Excelsior
"Regarder jusqu'à ouïr, écouter jusqu'à voir en transparence des choses, jusqu'à déceler des résidus de nuit
épars dans le jour, des traces de lumière à vif dans le noir."
Sylvie GERMAIN, L'Inaperçu